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Assurance automobile

La libéralisation de la responsabilité civile (RC) automobile, prévue pour le 7 juillet, se traduira par un changement majeur: les compagnies auront la possibilité de calculer eux-mêmes la prime sans intervention de l’autorité de tutelle.

Cette liberté de calcul requiert une mise à niveau technique de taille. Les assureurs sont tous à pied d’œuvre, depuis des mois, voire des années, pour finaliser leurs bases de données. Ce processus devrait être bouclé à l’échéance, fait-on valoir auprès du marché.
Cependant, les critères de tarification resteront inchangés. Il s’agit pour rappel de l’usage, la puissance fiscale et le type de combustion. Les compagnies ont, cependant, la possibilité de faire intervenir, sur autorisation du ministère des Finances, deux nouveaux critères en ligne de compte. «La détermination des primes pures peut également tenir compte des critères relatifs à la localisation géographique du risque et aux particularités du véhicule assuré» (1).
Pour ce faire, elles doivent d’abord sonder le profil de leur clientèle selon la zone géographique et le type du véhicule pour établir les base de données nécessaires. Rassembler ces informations relève de l’impossible dans l’état actuel des choses. Et ce, en raison de l’éparpillement et la réticence de la clientèle. Le risque de fausses déclarations est également de mise. Exemple: un conducteur basé dans une zone géographique à prime majorée peut la déclarer ailleurs pour payer moins cher. De ce fait, l’introduction de ces nouveaux critères sera certainement remise à plus tard.
D’autant plus que l’assurance automobile au Maroc est surtout considérée comme un droit de rouler. Preuve en est: plus de 95% des conducteurs assurés souscrivent uniquement à la responsabilité civile. Seuls 2% d’entre eux ont une assurance tous risques. Les 3% restants se prémunissent contre certains risques annexes comme l’incendie, le vol…
Pour calculer la prime pure de la RC (voir encadré), la DAPS procède actuellement à la mutualisation du risque couru par l’ensemble des compagnies de la place. En quelque sorte, les bons assurés paient pour les moins bons. Un système certes «inéquitable» mais nécessaire pour maintenir l’accessibilité aux prestations d’assurance.
Même si la libéralisation est là, les assureurs ne risquent pas pour autant de trop s’écarter de ce principe de péréquation. Il est question de garantir l’accès à l’assurance pour toutes les catégories de conducteurs. A terme, les tarifs proposés seront naturellement divergents en raison de la différence entre les parcs de véhicule gérés par chacun des assureurs.
Impossible toutefois de s’aligner sur le prix minimum du marché. Le non-respect des tarifs issus des calculs serait suicidaire, selon nos sources. Une telle politique ne permettrait pas de garantir le niveau de fonds propre requis pour couvrir les sinistres.
Comment finalement se différencier dans ces conditions? Les compagnies peuvent jouer sur la maîtrise des coûts de gestion et la qualité de service. Reste à savoir si la clientèle va suivre.
Les premières offres «libéralisées» devraient voir le jour en septembre. La période des vacances (juillet et août) ne semble pas être profitable pour lancer les nouvelles offres, selon les experts. Les compagnies d’assurances attendront la rentrée pour déployer leurs armes commerciales et marketing.

 

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